Edito de Yannig Joubrel : La seule victoire est celle des populismes.

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jOUBREL

Coup de tonnerre la semaine dernière en Grande-Bretagne : l’improbable s’est produit, avec la victoire nette et sans contestation possible du camp du « Out »,  favorable à la sortie du Royaume-Uni de l’Union Européenne.

Ce « Brexit » tant craint est donc bien arrivé. Mais vous ne trouverez personne aujourd’hui pour s’en réjouir. Pas les autres membres de l’Union Européenne, à commencer par la France et l’Allemagne qui perdent en la Grande-Bretagne un allié certes « particulier » mais précieux.

Et qui peuvent craindre que l’hémorragie ne s’étende à d’autres pays, voire ne s’ouvre aux revendications de certaines régions. Déjà, la Catalogne et l’Ecosse profitent de ce référendum pour réclamer une nouvelle discussion sur leur indépendance.

Pas les Britanniques eux-mêmes, qui paraissent incapables de gérer leur sortie de l’Union Européenne et semblent aujourd’hui regretter le choix qui a été fait. Le processus va être long et ouvrira sans doute la porte à d’interminables négociations, qui là-encore risquent de ne pas servir la cause européenne.

Mais le pire dans ce référendum, qui a d’abord été motivé par des questions de politique intérieure, est qu’il consacre la victoire des populismes. Que penser de l’attitude de Boris Johnson, leader des partisans de la sortie, qui cherche déjà des aménagements ? Que dire de celle du UKIP de Nigel Farage, qui se réjouit de la victoire du non sans pouvoir dire ce qu’il va en faire ? Ou de celle du FN français ou de l’AFD allemand, qui revendiquent l’organisation de référendums dans leurs pays respectifs ? Car finalement, ce ne sont encore que les questions de l’immigration et de la répartition des richesses, qui ont pesé dans le choix des électeurs. Aidées en cela par une institution européenne toujours aussi opaque à force d’être technocratique.

Nous payons cher, une nouvelle fois, le fait de ne jamais être parvenus à construire une Europe sociale, d’avoir privilégié l’aspect économique sur l’idée fondatrice de la création de l’Union Européenne, à savoir un espace de paix et de liberté. Faute de nous être doté d’une constitution, nous avons poursuivi sur cette idée d’un marché commun, qui produit lui-même ses propres inégalités. L’avenir de l’Europe passe d’abord par la définition par ses membres, d’objectifs clairs et partagés qui donneront enfin lieu à l’écriture et à l’adoption de cette constitution qui nous manque tant.

 

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